La tordeuse des bourgeons de l’épinette

La tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) est l’insecte le plus destructeur des peuplements de conifères de l’Amérique du Nord. Au Québec, la TBE consomme principalement le feuillage annuel du sapin baumier, de l’épinette blanche ainsi que, à un degré moindre, de l’épinette rouge et de l’épinette noire.

L’insecte joue un rôle écologique important, notamment le rajeunissement de certaines vieilles forêts et la création de nombreux habitats dont bénéficient plusieurs espèces. Les chenilles se nourrissent des aiguilles de sapins baumiers et d’épinettes de tout âge, qu’ils soient situés dans des forêts feuillues, mélangées ou résineuses. Le sapin résiste moins bien que l’épinette aux attaques de la TBE. On dit qu’il est plus vulnérable. Cette vulnérabilité augmente avec l’âge et la densité des peuplements dans lesquels on le trouve.

 

Lorsque l’épidémie se poursuit pendant plusieurs années, le feuillage devient parfois insuffisant pour assurer la survie de l’arbre et la mortalité des arbres débute et progresse selon leur vulnérabilité.  Au fil des ans, les arbres défoliés prennent une teinte grisâtre qui reflète la disparition progressive du feuillage. Au moins quatre années rapprochées de défoliation grave des pousses sont nécessaires avant que les premiers arbres meurent. Les épidémies de TBE sont cycliques, c’est-à-dire qu’elles reviennent environ tous les 30 à 35 ans. Chaque épidémie peut durer de 15 à 20 ans dans un même secteur.

Le cycle de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE)

Vers la fin d’avril ou le début de mai, les jeunes chenilles, qui mesurent environ 1,5 millimètre de longueur, sortent de leur hibernation. Attirées par la lumière, elles se dirigent vers les extrémités des branches, où elles se nourrissent du pollen des fleurs en attendant l’ouverture des bourgeons. S’il n’y a pas de fleurs, elles minent les vieilles aiguilles et les bourgeons encore fermés. Toutefois, dès que les nouvelles pousses se déploient, les chenilles s’y tissent une sorte d’abri formé de leurs déjections et de débris d’aiguilles entremêlés de fils de soie.

Elles s’y nourrissent jusqu’à leur sixième et dernier stade larvaire, soit jusqu’à la fin de juin. C’est à ce moment que leurs dégâts sont les plus apparents. Parfois, lorsque le feuillage de l’année est entièrement détruit, les chenilles des deux derniers âges larvaires dévorent les aiguilles des années antérieures. En fait, les chenilles des cinquième et sixième âges larvaires sont responsables de plus de 85 % de la défoliation.

Source : Ministère Forêts Faune et Parcs

 

Le cycle de la SOPFIM

La SOPFIM doit planifier ses opérations en fonction des différents stades d’évolution de la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Nous planifions le programme du mois de juin toute l’année, car de nombreuses étapes doivent être réalisées. L’insecticide biologique n’est pas un insecticide de contact, la tordeuse doit absolument ingérer le produit. De cette manière, les arrosages se réalisent tout au long du mois de juin, car c’est à ce moment que la tordeuse est au stade où elle s’alimente énormément.  Le début du programme dépend également de la météo. En effet, pour que la tordeuse se développe bien, le printemps ne doit pas être trop tardif. Ainsi, si les températures sont froides, son développement sera retardé de quelques jours ou semaines, ce qui retardera le début de notre programme.

Ainsi, de la fin de l’été jusqu’au mois de mai, nous préparons le programme d’arrosage prochain. Que se soit au niveau du recrutement, de la planification des arrosages en passant par le prélèvement des branches, la SOPFIM a établi une planification hors pair au fil des années.